Femme au sexe de pain, où se pétrit le genre humain...

Ma drogue, c’est l’amour, sa douce violence

Imprimant sur ma peau la gamme des couleurs,

Que vole l’arc-en-ciel à l’orage en partance,

Confus d’avoir trahi les battements d’un cœur.

 

Ma fièvre, c’est l’amour qui s’étale impudique,

Oubliant sa vertu sur les feux de juillet,

Quand se dévoile enfin sa folie magnifique,

Que le désir complice adoube émerveillé.

 

Ma chance, c’est l’amour comme une source vive,

Qui jamais ne tarit pour offrir aux passants

Les larmes de cristal d’une fleur sensitive,

Chiffonnant sa vertu sur le jour finissant.

 

Mon rêve, c’est l’amour que magnifie l’attente,

Venue s’épanouir au seuil de la maison,

Et savourer l’appel de l’heure ensorcelante,

Que module à l’envi le cycle des saisons.

 

Ma passion, c’est l’amour avec ses mains offertes,

Ses bonheurs en miroir sur l’instant sans pareil,

Mêlant à ses soupirs l’ardente découverte,

D’une chair innocente où tremblent des soleils.

 

Mon destin, c’est l’amour cherchant une lumière,

À l’ombre d’un tombeau lorsque le soir descend,

Pour graver à jamais sur son œuvre dernière,

L’espoir que chaque mot signe en lettres de sang.

Comme une évanescence

Elle avançait sur le trottoir,

Parfaitement lisse

Dans l’étreinte sauvage

D’un éclat de soleil.

 

Se voilait de transparences

Cet élan de chaque pas,

Qui l’emportait fragile

Vers la croisée

De l’instant immobile.

 

Sur des marbrures de chair

Complices d’un noir désir,

S’incarnait la fièvre

Qu’enfantait l’amour

Mutilant ses offrandes

En perles de sang.

 

Les suppliques de l’attente

Noyaient de vertiges

Les rythmes de sa peau,

Où croissaient captives

Des splendeurs ivoirines,

Quand aux lisières du regard

Se multipliait lascive

Une ardente fleur de lys.

 

 

 

J’ai fait l’amour avec le vent

Qui déboulait sur le rivage

Pour que les rites de l’orage

Cerclent de brume le couchant.

 

J’ai fait l’amour avec la terre

Quand le soleil plissait les yeux

Et s’en allait aventureux

Noyer les cieux de sa lumière.

 

J’ai fait l’amour avec l’oiseau

Qui saluait de ses bruits d’ailes

L’aurore aux douceurs mirabelle

Livrant le jour comme un cadeau.

 

J’ai fait l’amour avec le rêve

Qu’un magicien venu trop tard

Cueillait dans l’eau de mon regard

Quand le soir mourait sur la grève.

 

J’ai fait l’amour avec la mer

À l’heure où sa vague farouche

Creusait la houle qui se couche

Croyant séduire l’univers.

 

J’ai fait l’amour avec les mots

Qui s’attardaient sur ma fenêtre

Pour offrir l’éclat de leurs lettres

Dans des accents à fleur de peau.

 

J’ai fait l’amour avec le temps

En dessinant tous mes voyages

Au cœur d’un beau livre d’images

Malgré la fuite de l’instant.

 

J’ai fait l’amour avec le monde

Quand tu m’as prise dans tes bras

Pour y tisser un canevas

Où le désir mène la ronde.

 

J’ai fait l’amour avec la vie

Apprivoisant une espérance

Qui sur les rives du silence

S’offre au destin sans préavis.

 

J’ai fait l’amour dans le grand lit

De ce futur au goût de cendre

Qui m’emportait dans ses méandres

Vers les frontières de l’oubli.

 

N’oublie pas

L’odeur des lilas blancs sur nos rêves d’antan

Alors que s’émerveille un tout nouveau printemps.

N’oublie pas

Tous ces mots si légers gravés sur le silence

Que ricochent nos voix face au bruit de l’absence.

N’oublie pas

Ces instants si secrets dérobés par hasard

Pour mieux se ressourcer dans l’éclat d’un regard.

N’oublie pas

Les heures dérivant sous un ciel sans nuages

Quand un dernier appel met le bonheur en cage.

N’oublie pas

Que tremble le soleil dans des perles de sang

À l’orée d’un vertige assoiffé de néant.

N’oublie pas

Les accents douloureux d’une ultime prière

Qui se perd dans la mer naufrageant la lumière.

N’oublie pas

Cet amour que mutile un absurde destin

De son masque de pierre usant la vie chagrin.

N’oublie pas

Que je t’aime à mourir quand un trop plein de larmes

Efface tout espoir sur une aube sans charmes.

Rondel écrit ce matin 13 novembre 2016, en hommage à toutes les victimes de la BARBARIE.

 

 

Au fond des cieux glisse un nuage,

Assombrissant le jour nouveau.

La vie ne fait pas de cadeau,

Quand sans remords elle naufrage.

 

J’ai beau soulever le rideau,

Je ne vois plus le paysage.

Au fond des cieux glisse un nuage,

Assombrissant le jour nouveau.

 

Pour que se profile l’image

De cet amour comme un drapeau,

Voulant nous réchauffer la peau,

Faudrait que s’apaise l’orage!

Au fond des cieux glisse un nuage…

 

Sur le dos d’une vieille main

Chiffonnée de creux et de bosses,

La vie dessine un long chemin

Qu’emprunte parfois un carrosse.

 

Chiffonnée de creux et de bosses,

La peau imprime des sillons

Qu’emprunte parfois un carrosse,

Quand les jours se font tourbillon.

 

La peau imprime des sillons

Pour qu’ils se nouent et se déplissent,

Quand les jours se font tourbillon

En se tachant de pain d’épices.

 

Pour qu’ils se nouent et se déplissent,

Se pressent tous les souvenirs,

En se tachant de pain d’épices

Sur l’hiver qu’il faut adoucir.

 

Se pressent tous les souvenirs

Entremêlés de veines bleues,

Sur l’hiver qu’il faut adoucir

Quand il se meurt au fond des yeux.

 

Entremêlés de veines bleues,

Les doigts caressent un vieux rêve,

Quand il se meurt au fond des yeux

Comme la vague sur la grève.

 

Les doigts caressent un vieux rêve,

Avec mille gestes touchants,

Comme la vague sur la grève

À l’heure du soleil couchant.

 

Avec mille gestes touchants,

L’amour s’habille de satin,

À l’heure du soleil couchant

Sur le dos d’une vieille main.

 

 

 

Tout au long des jours,

Sur l’horizon saigne et perdure

Une viscérale blessure,

Au nom de l’amour.

 

Le lilas est mort.

Tes lendemains ont mis les voiles.

Ta longue nuit est sans étoiles.

Dors mon enfant, dors.

Elle se courbe

Comme un sein de femme,

LA PROM

Qui a du vague à l’âme!

 

Diadème en front de mer,

Elle raconte à son écume,

Une indicible plainte

Gravée sur son bitume.

 

Pour saluer les anges,

LA PROM

Éclabousse d’orange

L’éclat d’un ciel trop bleu,

Cognant sur le silence

L’empreinte des jours heureux.

 

LA PROM

Si blonde dans le matin blanc,

Signe d’un vol de goélands,

Un futur où tremble,

Avec des larmes au bord des yeux

Le désespoir en camaïeu…