Femme au sexe de pain, où se pétrit le genre humain...

C’est si tendre une gorge
Où palpite la vie
Et le besoin d’aimer
Les beautés de l’automne!

C’est si tendre une gorge
Qui chante les lendemains
Parlant de liberté
Et du droit d’exister!

C’est si tendre une gorge
Si facile à trancher
Pour l’empêcher d’hurler
Sa dernière seconde!

C’est si tendre un homme
Qu’un barbare a tué!

Mais survit sa pensée
L’éclat de son regard
Même si ce soir
Il fait bien trop noir!

Un petit livre « coup de poing » que tout parent, tout éducateur, tout adolescent, se doit de lire. En janvier 2018, Avelise a vingt ans. Elle vit un véritable enfer, tant son mal être est profond. Comment exorciser la souffrance, canaliser la révolte, dénoncer les graves traumatismes subis !

Durant une trentaine de jours, elle noircit les pages d’un cahier. Au travers des mots, résonne à vif, un long cri que nul ne peut étouffer. Sans une ligne de trop, elle raconte le deuil, le harcèlement, les errances de la psychiatrie, le viol, la douleur, tout ce pire issu d’un incroyable enchaînement destructeur !

Dans des phrases simples, le plus souvent courtes, qui fusent et ne cachent rien de la cruelle vérité, elle délivre un témoignage d’une bouleversante authenticité, que l’on reçoit en plein cœur !

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Géant, il s’avançait, alourdi de désir.
Il la voulait à nu, parée d’éclats de peau.
Elle ne voyait plus que ce regard captif d’une étrange ferveur, et ces mains qui savaient, moduler les mystères de sa chair sublimée.
Qu’importait le futur, le chant de la mer, et le destin vengeur!
Elle cueillait l’offrande, éclose dans les mots d’une lèvre tremblante.
Se ployait conquise, la courbe de ses reins, tandis que palpitaient des suppliques de gorge.
Il cerclait de plaisir son attente durcie, et buvait des soleils aux pointes de ses seins.
Tanguait l’heure éblouie creusant des voluptés, sur les frontières vives, pour qu’à l’appel du sang, s’intensifie la fièvre indomptable et soumise.
S’engourdissaient du jour, ces pâleurs lascives que leurs doigts caressaient.
Elle devenait multiple, étrange et familière, triomphante et perdue, sublime et naufragée.
Des accents s’étoilaient face à l’ombre mouvante, mêlant leurs sortilèges aux rites d’une étreinte, où s’éclipsait le monde.
Le rêve libéré sur l’abscisse des sens, d’un battement de cœur côtoyait l’infini.
Il se perdait en elle et forgeait l’essentiel.
Modulant d’un aveu la matrice du temps, s’apprivoisaient complices à l’orée du vertige, d’impossibles certitudes.
Il lui faisait l’amour un peu comme l’on meurt.
Un cri d’oiseau vrilla la saison immobile, l’espérance inutile et la vie désarmée.
Dans un souffle, le vide se colora de ciel.

Elle a besoin de dire ce mal être qui lui colle à la peau, suinte l’angoisse, interpelle la saison imperturbable.
Il lui faut livrer ces moments qui tremblent, se dérobent, dénoncent les nuisances d’un handicap lourd à porter.
Elle n’avance qu’avec des semelles de plomb, alors que dans le vase se fane la plus belle des fleurs.
Devant le miroir, elle traque un reflet étrange, presque impudique, qui ressemble à un refus.
Elle cogne de sa rage l’espace crevé, le tassement de l’ombre.
Sur l’étranglement du couloir le sol s’étire jusqu’au vertige. Elle recule contre l’immobilité du mur.
Elle ne sait plus comment continuer avec tout ce bazar dans ses bagages.
Son attente se fissure, ses gestes se répètent et l’avenir s’abîme.
Que faire de ce passé qui exige une revanche !
Le froid de la nuit traque l’aube blanche. Elle voudrait tant pouvoir dormir dans l’équerre des bras.
Il y a cette dureté d’un monde qui marchande même les rêves, cette inquiétude qui rôde sur des pensées mortifères.
L’espérance s’éloigne, n’enlace que du vide.
La révolte, le dégoût, remontent en vomissures, face à l’outrage resté impuni, qui a détruit le plus intime.
Elle voudrait inventer des pansements, contrôler l’émotion, consolider le présent, et ne plus fuir.
Malgré des avancées, persiste ce sentiment d’avoir échoué, cette crainte de décevoir ceux qui n’ont jamais lâché sa main. Surtout ne pas oublier, pour que s’apprivoise l’instant.
Sous sa peau tendue, trop de chair froissée, trop de creux et de bosses. Sur les heures muettes, la blessure s’accentue, obsédante et tyrannique.
Comme au théâtre, apprendre à régler la mise en scène, puis écarter le rideau, assumer les défis. De chaque réplique, saisir la promesse, mais du sable s’échappe de son poing serré.
Sa mémoire prise en otage, se cercle de barbelés. Des images reviennent lui planter des échardes en plein cœur.
Son sexe, sa fleur de sang, n’était pourtant que douceur et offrande.
Sans cesse à vif, elle part en vrille, tandis qu’agonise incertaine, la clarté du jour, sur l’innocence aux yeux clos.
Parvenir à détricoter, maille après maille, la courbure de l’heure. C’est si compliqué tous ces nœuds !
La douleur s’arc-boute, se plante à l’envers, captive d’une geôle invisible.
Trouver le moyen de la peindre, de l’effacer lentement, sans l’effrayer ni l’offenser. La pétrir d’argile et d’os.
Il reste peut-être une clé qui ouvrira la porte, pour saisir l’essentiel d’un ciel délavé de pluie.
Le vent en liberté gomme la différence, emporte le souffle des mots, livre une bataille contre la fixité du regard, le silence de la ville qui se tait.
S’arrêter pour se reconnaître, toucher la terre, et cette eau vive du ruisseau qui miroite une image filant entre les doigts.
Découvrir que sur le talus aride, se balancent écarlates, deux coquelicots.

Je suis tout contre toi, je te dis doucement,
Ces mots que tu attends, que souvent je répète,
Comme une mélopée, une histoire sans fin,
Qui parlent d’autrefois et chassent les tourments.

J’ai ta main, j’ai ta peau, et la nuit qui revient,
Peut garder ses étoiles,
Sa lune et ses mystères.

N’aies pas peur mon aimé, rien ne peut nous atteindre.

Bientôt nous dormirons, je rêverai de toi,
De ce jour souviens-toi, où tu fus mon amant.

La plage s’embrasait d’une lumière blanche,
Tu butinais mon cœur, mes îles Sous-le-Vent,
Et le désir valsait, profilant des soleils,
Qui faisaient de mon corps, un cantique mouvant.

Quand la vague venait se couronner d’écume,
L’amour en avalanche,
Dans tes yeux se noyait.

Le plaisir vagabond, d’une douceur de plume,
Se laquait de velours.

Captive de l’instant,
L’attente promise redevenait rebelle,
Pour saluer complice, un superbe abandon.

Souviens-toi que pour nous, mille lueurs pervenche,
Sublimaient l’horizon d’une fleur aquarelle.

Il nous fallut longtemps, pour de chaque saison,
Apprivoiser l’invite.

Si l’heure se creusait de trop d’incertitude,
Que vacillait l’espoir,
Il y avait ton pas, en écho à ma voix.

Respire ce frisson, fragile et magnifique,
Où s’attarde la vie dans un geste tremblant.

Se colorent à regret, les soupirs du silence,
Ne laissant dérisoire, qu’une larme briller.

De ces journées si belles
Au regard ingénu
Qu’apprivoisait le vent
Que reste-t-il ma douce!

Une odeur de terre
Se souvient d’autrefois
Quand les iris courbés
T’offraient leur révérence.

Ces mots que tu disais
Avaient des bruissements
Des sourires en dentelle
Les couleurs de l’instant.

Sur l’attente promise
La ronde de tes pas
Laissait le vent léger
Jouer sa ritournelle.

Tout l’amour du monde
Ne pourra jamais
Guérir tes ailes d’ange
Blessées un soir d’été.

Cognant sa colère
Sur l’écho de ton cri
Le vent seul revient
Dénoncer l’infamie.

Une larme de sang
D’un noir coquelicot
Trouble l’eau vive
De ta claire fontaine.

De l’avenir si beau
Et du rêve innocent
Que saluait le vent
Que reste-t-il ma douce!

Marie LACROIX-PESCE

DE CHAIR ET DE CENDRE

Avec des mots qui transcendent l’émotion, démultiplient les forces de l’amour, cicatrisent les douleurs à même la peau, Marie LACROIX-PESCE nous livre la fragile beauté d’une oeuvre à vif.

Édité chez Hugues FACORAT Édition
24 Avenue Charles ROUXEL
77340 PONTAULT COMBAULT

BAIROLS s’arc-boute
Sur un dernier virage
Comme pour implorer
La clémence du ciel.
Dégradé de gris
Qu’emprisonnent
Les accents d’une pierre
Où naufrage du bleu.
Intrépides ruelles
Glissant sur les marches du temps.
Maisons qui se nichent
Attendries
Sur l’impatience des vieux murs.
Vestiges d’un passé
En habits du dimanche
Suspendu
Jusqu’au bord du vertige
Où se perd un nuage.
Village enraciné
Dans un rêve profond
Parmi les ombres
Accrochant au silence
Le bruit des pas.

J’enrage de savoir que dans certains endroits,
Deux êtres qui s’aiment en parfaite innocence,
Puissent se voir bannis, privés de tous leurs droits,
Devenir victimes d’abjecte violence.

Des pays barbares les condamnent à mort,
Punissant la façon de s’aimer autrement.
Même des familles rejettent sans remords,
L’enfant meurtri que ronge un terrible tourment.

Le venin des propos, le crachat des injures,
Les coups accompagnant le mépris sans raison,
Comment les éviter, faire bonne figure,
Et chercher l’arc-en-ciel par delà l’horizon.

Ce regard de l’autre souvent accusateur,
Il faut qu’il disparaisse, car c’est lui l’indécence,
Avide d’étouffer les battements d’un cœur,
Qui ne peut, sans amour, avoir la moindre chance!

Charnelle incandescence éprise de douceur,
Qui cercle le désir d’une présence vive,
Cognant au plus profond le plaisir en dérive,
Pour conjurer du sort l’insolente rigueur.

Sur la vague d’un sein s’enroule la ferveur,
Colorant le parcours de l’heure sensitive,
Quand la lèvre tremblante imagine lascive,
L’étreinte complice d’une ardente moiteur.

S’affirme le tempo comme la fleur promise,
Que cultive fiévreuse une attente soumise,
Couronnant une chair face à l’appel du sang.

S’estampille à jamais le remous d’une gorge,
Ce cantique plaintif d’un besoin turgescent,
Pour qu’au creuset des reins, le bel amour se forge!