Femme au sexe de pain, où se pétrit le genre humain...

Elle se mure

Confuse

De ne plus rien entendre

Quand se tassent les heures

En minuscules tas.

 

Elle s’étrangle

Honteuse

De ne pouvoir parler

Quand se tassent les mots

En minuscules tas.

 

Elle déroule

Complice

Le fil d’un souvenir

Quand se tassent les rêves

En minuscules tas.

 

Elle s’endort

Cruelle

Dans un lit de hasard

Quand se tasse l’amour

En minuscules tas.

 

Elle s’éteint

Victime

De trop d’indifférence

Quand se tasse l’ennui

En minuscules tas.

 

Elle s’oublie

Maudite

Par une nuit sans lune

Quand se tasse la vie

En minuscules tas.

 

Très chère poésie, sous ton grand chapiteau,

Mon rêve qui s’enlise éclaboussé d’écume,

Accrochait une étoile au mât de ton bateau.

 

Il dérive à dessein, pour signer sur la brume,

L’errance d’une vie dérobant au hasard,

Des soleils vacillant sur des regrets posthumes.

 

J’ai souvent naufragé dans l’eau de ton regard,

Pour mieux me souvenir d’un écho sur la rive,

Refusant d’accepter la douleur d’un départ.

 

Quand s’évanouissait l’espérance captive,

Se parait de cristal, à l’orée d’un matin,

La fragile ferveur d’une larme furtive.

 

Tu savais retenir un beau jour qui s’éteint,

Sur l’horizon clouté d’un appel immobile,

Que dévoile pensif, un futur incertain.

 

Tu avais des mots bleus pour les heures dociles,

Venues innocemment nous raconter l’amour,

Et la douceur du soir endormi sur la ville.

 

Combien de temps encore écouter ton discours,

Épouser la magie de tes métamorphoses,

Saluant du destin, l’impossible retour.

 

Sur ta lèvre éblouie, quand un baiser se pose,

Naissent des harmonies, que le printemps jaloux

S’efforce d’insuffler, dans la beauté des roses.

 

À l’angle de tes mots, ne plus craindre le loup!

 

D’un pas qui ralentit, cheminer vers l’impasse

De cette courte vie qui s’accroche à un fil,

Voir la ride creuser une peau qui se lasse,

Refusant de goûter aux tiédeurs d’un avril.

 

De cette courte vie qui s’accroche à un fil,

Arracher au miroir le reflet qui grimace,

Refusant de goûter aux tiédeurs d’un avril,

Qui gomme peu à peu du rêve les audaces.

 

Arracher au miroir le reflet qui grimace,

Avec des peurs cachées, des gestes en péril,

Qui gomme peu à peu du rêve les audaces,

Et l’appel du destin en quête d’un profil.

 

Avec des peurs cachées, des gestes en péril,

À l’orée d’un hiver rechercher une trace,

Et l’appel du destin en quête d’un profil,

Désolé de n’avoir commis que des préfaces.

 

À l’orée d’un hiver rechercher une trace,

Quand un futur penaud s’éclipse puéril,

Désolé de n’avoir commis que des préfaces,

Pour cogner craintif sur demain en exil.

 

Quand un futur penaud s’éclipse puéril,

Esclave un court instant des heures trop fugaces,

Pour cogner craintif sur demain en exil,

D’un pas qui ralentit, cheminer vers l’impasse.

 

L’amour marbrait sa peau d’un désir majuscule,

Ricochant des clartés sur l’instant suspendu,

Qu’un amant virtuose imprimait éperdu,

Dans l’ardente ferveur d’un baiser funambule.

 

Des envols exhaussaient les accents libellule,

De cette vierge qui, languide, presque nue,

Maquillait ses regards d’une fièvre ingénue,

Pour saluer du jour le premier crépuscule.

 

Ses doigts emprisonnaient une attente immobile,

Dans des douceurs de soie égarées sur une île,

Où chatoyaient les feux d’un mirage nacré.

 

L’aube, sur les pâleurs de sa lèvre mutine,

Sublimant les splendeurs d’un abandon secret,

Fit jaillir du plaisir, la victoire sanguine.

 

 

 

Marie LACROIX-PESCE

ARRIÈRE-SAISONS

Ces « ARRIÈRE-SAISONS », ce sont des parenthèses, des moments qui surgissent au crépuscule d’une vie, avec toute leur charge émotionnelle, scellée sur la musique des mots.POÉSIE aux accents pétris de chair qui, sous des formes diverses, interpelle le temps qui passe, glorifie l’amour, fustige la douleur et dénonce l’absurde. Dans ce parcours, parfois au bord du vertige, vacillent les transparences d’une écriture limpide et picturale, où s’imprime la magie d’un rêve éveillé, intensément féminin.

Édité chez Hugues FACORAT Édition
24 Avenue Charles ROUXEL
77340 PONTAULT COMBAULT

J’ai fait l’amour avec le vent

Qui déboulait sur le rivage

Pour que les rites de l’orage

Cerclent de brume le couchant.

 

J’ai fait l’amour avec la terre

Quand le soleil plissait les yeux

Et s’en allait aventureux

Noyer les cieux de sa lumière.

 

J’ai fait l’amour avec l’oiseau

Qui saluait de ses bruits d’ailes

L’aurore aux douceurs mirabelle

Livrant le jour comme un cadeau.

 

J’ai fait l’amour avec le rêve

Qu’un magicien venu trop tard

Cueillait dans l’eau de mon regard

Quand le soir mourait sur la grève.

 

J’ai fait l’amour avec la mer

À l’heure où sa vague farouche

Creusait la houle qui se couche

Croyant séduire l’univers.

 

J’ai fait l’amour avec les mots

Qui s’attardaient sur ma fenêtre

Pour offrir l’éclat de leurs lettres

Dans des accents à fleur de peau.

 

J’ai fait l’amour avec le temps

En dessinant tous mes voyages

Au cœur d’un beau livre d’images

Malgré la fuite de l’instant.

 

J’ai fait l’amour avec le monde

Quand tu m’as prise dans tes bras

Pour y tisser un canevas

Où le désir mène la ronde.

 

J’ai fait l’amour avec la vie

Apprivoisant une espérance

Qui sur les rives du silence

S’offre au destin sans préavis.

 

J’ai fait l’amour dans le grand lit

De ce futur au goût de cendre

Qui m’emportait dans ses méandres

Vers les frontières de l’oubli.

 

Rondel écrit ce matin 13 novembre 2016, en hommage à toutes les victimes de la BARBARIE.

 

 

Au fond des cieux glisse un nuage,

Assombrissant le jour nouveau.

La vie ne fait pas de cadeau,

Quand sans remords elle naufrage.

 

J’ai beau soulever le rideau,

Je ne vois plus le paysage.

Au fond des cieux glisse un nuage,

Assombrissant le jour nouveau.

 

Pour que se profile l’image

De cet amour comme un drapeau,

Voulant nous réchauffer la peau,

Faudrait que s’apaise l’orage!

Au fond des cieux glisse un nuage…

 

Sur le dos d’une vieille main

Chiffonnée de creux et de bosses,

La vie dessine un long chemin

Qu’emprunte parfois un carrosse.

 

Chiffonnée de creux et de bosses,

La peau imprime des sillons

Qu’emprunte parfois un carrosse,

Quand les jours se font tourbillon.

 

La peau imprime des sillons

Pour qu’ils se nouent et se déplissent,

Quand les jours se font tourbillon

En se tachant de pain d’épices.

 

Pour qu’ils se nouent et se déplissent,

Se pressent tous les souvenirs,

En se tachant de pain d’épices

Sur l’hiver qu’il faut adoucir.

 

Se pressent tous les souvenirs

Entremêlés de veines bleues,

Sur l’hiver qu’il faut adoucir

Quand il se meurt au fond des yeux.

 

Entremêlés de veines bleues,

Les doigts caressent un vieux rêve,

Quand il se meurt au fond des yeux

Comme la vague sur la grève.

 

Les doigts caressent un vieux rêve,

Avec mille gestes touchants,

Comme la vague sur la grève

À l’heure du soleil couchant.

 

Avec mille gestes touchants,

L’amour s’habille de satin,

À l’heure du soleil couchant

Sur le dos d’une vieille main.