Femme au sexe de pain, où se pétrit le genre humain...

Novembre en furie

S’étrangle,

Face aux suppliques

De l’instant

Qui vacille

Au bord du vide,

Où s’éclipse

L’envol d’une feuille

Cabossée de rouille.

 

L’étreinte sauvage

D’un vieil arbre tordu

Cercle

La pierre vive,

Éclaboussée

De lueurs captives,

Que guette

Une noire orchidée

Glacée d’effroi.

 

L’horizon complice

Orchestre

Le funeste vacarme

D’un vertige,

Clouté

Sur l’écho durci

Cognant le silence,

Où s’immole illusoire

L’attente meurtrie.

 

Des pâleurs

Vrillées de soufre

Enlacent

Le ciel trop bas,

Qui fustige

L’appel entrevu

Dans l’épaisseur de l’ombre,

Noyant ses regrets

Sur la bruyère en pleurs.

 

 

 

 

 

La musique s’avance en tenue de gala,

Consciente de porter ses soupirs en écharpe,

Elle confie son rêve au souffle d’une harpe,

Ses notes de cristal, au soir en falbala.

 

Le silence à genoux magnifie son émoi,

La regarde jouir de l’instant prisonnier,

Qui adoube l’honneur de ce fier chevalier,

Venu parler d’amour au doux son du hautbois.

 

Elle a parfois des airs de guitare ingénue,

De vieil accordéon découvrant dans la rue,

Toutes les harmonies des brisures de l’âme.

Mais jamais ne se meurt sa tendre clarinette,

Ni l’écho de son chant signant pour l’alouette,

Dans une symphonie, l’alchimie de la gamme.

 

D’un éclat de diva, elle séduit les rois,

D’un pleur de violon, le jugement dernier,

Et capture le cœur d’un malheureux geôlier

Qui écoute l’appel de sa flûte aux abois.

 

L’ivresse ourle sa voix d’un désir majuscule,

Ricochant des clartés sur l’instant suspendu,

Qu’un amant virtuose apprivoise éperdu,

Dans l’ardente magie d’un baiser funambule.

 

 

 

 

 

Rondel écrit ce matin 13 novembre 2016, en hommage à toutes les victimes de la BARBARIE.

 

 

Au fond des cieux glisse un nuage,

Assombrissant le jour nouveau.

La vie ne fait pas de cadeau,

Quand sans remords elle naufrage.

 

J’ai beau soulever le rideau,

Je ne vois plus le paysage.

Au fond des cieux glisse un nuage,

Assombrissant le jour nouveau.

 

Pour que se profile l’image

De cet amour comme un drapeau,

Voulant nous réchauffer la peau,

Faudrait que s’apaise l’orage!

Au fond des cieux glisse un nuage…

 

Sur le dos d’une vieille main

Chiffonnée de creux et de bosses,

La vie dessine un long chemin

Qu’emprunte parfois un carrosse.

 

Chiffonnée de creux et de bosses,

La peau imprime des sillons

Qu’emprunte parfois un carrosse,

Quand les jours se font tourbillon.

 

La peau imprime des sillons

Pour qu’ils se nouent et se déplissent,

Quand les jours se font tourbillon

En se tachant de pain d’épices.

 

Pour qu’ils se nouent et se déplissent,

Se pressent tous les souvenirs,

En se tachant de pain d’épices

Sur l’hiver qu’il faut adoucir.

 

Se pressent tous les souvenirs

Entremêlés de veines bleues,

Sur l’hiver qu’il faut adoucir

Quand il se meurt au fond des yeux.

 

Entremêlés de veines bleues,

Les doigts caressent un vieux rêve,

Quand il se meurt au fond des yeux

Comme la vague sur la grève.

 

Les doigts caressent un vieux rêve,

Avec mille gestes touchants,

Comme la vague sur la grève

À l’heure du soleil couchant.

 

Avec mille gestes touchants,

L’amour s’habille de satin,

À l’heure du soleil couchant

Sur le dos d’une vieille main.

 

 

 

Tout au long des jours,

Sur l’horizon saigne et perdure

Une viscérale blessure,

Au nom de l’amour.

 

Le lilas est mort.

Tes lendemains ont mis les voiles.

Ta longue nuit est sans étoiles.

Dors mon enfant, dors.

Elle se courbe

Comme un sein de femme,

LA PROM

Qui a du vague à l’âme!

 

Diadème en front de mer,

Elle raconte à son écume,

Une indicible plainte

Gravée sur son bitume.

 

Pour saluer les anges,

LA PROM

Éclabousse d’orange

L’éclat d’un ciel trop bleu,

Cognant sur le silence

L’empreinte des jours heureux.

 

LA PROM

Si blonde dans le matin blanc,

Signe d’un vol de goélands,

Un futur où tremble,

Avec des larmes au bord des yeux

Le désespoir en camaïeu…

La nuit était si belle

Et la mer pavoisait.

Au ciel des étincelles

Dessinaient des bouquets.

 

C’est alors qu’un vingt tonnes

Écrasa la gaieté,

Faisant d’une personne

De la chair éclatée!

 

NICE pleure ses morts.

 

La folie meurtrière

L’a frappée en plein cœur!

 

Mais malgré la douleur,

Nous reverrons encor

Resplendir sa lumière…

Partir

Pour épouser la mer

Sur des flots de hasard

En oubliant l’hiver.

Partir

Sur l’immense océan

Avant qu’il soit trop tard

Pour épouser le vent.

 

J’ai réveillé matin

Mon âme de marin

Pour hisser la grand-voile

En quête d’une étoile.

J’ai maquillé d’écume

Les pâleurs de la brume

Sur l’horizon blessé

Où l’heure dévissait.

 

Partir

Pour épouser la vague

Venue de nulle part

Et la cercler de bagues.

Partir

Voir se lever le jour

Dans l’eau de ton regard

Pour épouser l’amour.

 

J’ai capturé le chant

D’un vol de goélands

Pour que jamais chavire

La proue de mon navire.

J’ai salué l’orage

Qui raconte sauvage

Un futur à genoux

Face au destin debout.

 

Partir

Sur l’immense océan

Pour écouter la pluie

Qui naufrage le temps.

Partir

Sur des flots de hasard

Apprivoisant la nuit

Avant qu’il soit trop tard.

 

J’ai inventé des mots

Pour épouser la mer,

Déployé mon drapeau

Pour épouser le vent,

Jeté mes oripeaux

Pour épouser la vague,

Et respiré ta peau

Pour épouser l’amour.

 

Partir

Dans l’eau de ton regard

Sous la clarté lunaire

Où tremble un nénuphar.

Partir

Voir se lever le jour

Vainqueur d’une chimère

Avec toi mon amour.