Femme au sexe de pain, où se pétrit le genre humain...

L’amour marbrait sa peau d’un désir majuscule,

Ricochant des clartés sur l’instant suspendu,

Qu’un amant virtuose imprimait éperdu,

Dans l’ardente ferveur d’un baiser funambule.

 

Des envols exhaussaient les accents libellule,

De cette vierge qui, languide, presque nue,

Maquillait ses regards d’une fièvre ingénue,

Pour saluer du jour le premier crépuscule.

 

Ses doigts emprisonnaient une attente immobile,

Dans des douceurs de soie égarées sur une île,

Où chatoyaient les feux d’un mirage nacré.

 

L’aube, sur les pâleurs de sa lèvre mutine,

Sublimant les splendeurs d’un abandon secret,

Fit jaillir du plaisir, la victoire sanguine.

 

 

 

Une attente de lierre

Sur la croisée des murs

S’enracine de pluie.

 

Le couchant désarmé

De trop de solitude

Déchire son ennui.

 

Une feuille oubliée

Profile de couleurs

L’appel d’un tourbillon.

 

L’étreinte dénouée

De l’heure évanouie

Fustige les regrets.

 

Le long des rues s’aligne

Une exigence vive

Durcie de souvenirs.

 

Ricoche le regard

Bruissant la multitude

Écorchée de soupirs.

 

En brisures de ciel

L’horizon qui bleuit

Souligne le silence.

 

Paysage mouvant

Où s’attarde surpris

Un futur en partance.

 

 

 

 

Marie LACROIX-PESCE

ARRIÈRE-SAISONS

Ces « ARRIÈRE-SAISONS », ce sont des parenthèses, des moments qui surgissent au crépuscule d’une vie, avec toute leur charge émotionnelle, scellée sur la musique des mots.POÉSIE aux accents pétris de chair qui, sous des formes diverses, interpelle le temps qui passe, glorifie l’amour, fustige la douleur et dénonce l’absurde. Dans ce parcours, parfois au bord du vertige, vacillent les transparences d’une écriture limpide et picturale, où s’imprime la magie d’un rêve éveillé, intensément féminin.

Édité chez Hugues FACORAT Édition
24 Avenue Charles ROUXEL
77340 PONTAULT COMBAULT

J’ai fait l’amour avec le vent

Qui déboulait sur le rivage

Pour que les rites de l’orage

Cerclent de brume le couchant.

 

J’ai fait l’amour avec la terre

Quand le soleil plissait les yeux

Et s’en allait aventureux

Noyer les cieux de sa lumière.

 

J’ai fait l’amour avec l’oiseau

Qui saluait de ses bruits d’ailes

L’aurore aux douceurs mirabelle

Livrant le jour comme un cadeau.

 

J’ai fait l’amour avec le rêve

Qu’un magicien venu trop tard

Cueillait dans l’eau de mon regard

Quand le soir mourait sur la grève.

 

J’ai fait l’amour avec la mer

À l’heure où sa vague farouche

Creusait la houle qui se couche

Croyant séduire l’univers.

 

J’ai fait l’amour avec les mots

Qui s’attardaient sur ma fenêtre

Pour offrir l’éclat de leurs lettres

Dans des accents à fleur de peau.

 

J’ai fait l’amour avec le temps

En dessinant tous mes voyages

Au cœur d’un beau livre d’images

Malgré la fuite de l’instant.

 

J’ai fait l’amour avec le monde

Quand tu m’as prise dans tes bras

Pour y tisser un canevas

Où le désir mène la ronde.

 

J’ai fait l’amour avec la vie

Apprivoisant une espérance

Qui sur les rives du silence

S’offre au destin sans préavis.

 

J’ai fait l’amour dans le grand lit

De ce futur au goût de cendre

Qui m’emportait dans ses méandres

Vers les frontières de l’oubli.

 

Rondel écrit ce matin 13 novembre 2016, en hommage à toutes les victimes de la BARBARIE.

 

 

Au fond des cieux glisse un nuage,

Assombrissant le jour nouveau.

La vie ne fait pas de cadeau,

Quand sans remords elle naufrage.

 

J’ai beau soulever le rideau,

Je ne vois plus le paysage.

Au fond des cieux glisse un nuage,

Assombrissant le jour nouveau.

 

Pour que se profile l’image

De cet amour comme un drapeau,

Voulant nous réchauffer la peau,

Faudrait que s’apaise l’orage!

Au fond des cieux glisse un nuage…

 

Sur le dos d’une vieille main

Chiffonnée de creux et de bosses,

La vie dessine un long chemin

Qu’emprunte parfois un carrosse.

 

Chiffonnée de creux et de bosses,

La peau imprime des sillons

Qu’emprunte parfois un carrosse,

Quand les jours se font tourbillon.

 

La peau imprime des sillons

Pour qu’ils se nouent et se déplissent,

Quand les jours se font tourbillon

En se tachant de pain d’épices.

 

Pour qu’ils se nouent et se déplissent,

Se pressent tous les souvenirs,

En se tachant de pain d’épices

Sur l’hiver qu’il faut adoucir.

 

Se pressent tous les souvenirs

Entremêlés de veines bleues,

Sur l’hiver qu’il faut adoucir

Quand il se meurt au fond des yeux.

 

Entremêlés de veines bleues,

Les doigts caressent un vieux rêve,

Quand il se meurt au fond des yeux

Comme la vague sur la grève.

 

Les doigts caressent un vieux rêve,

Avec mille gestes touchants,

Comme la vague sur la grève

À l’heure du soleil couchant.

 

Avec mille gestes touchants,

L’amour s’habille de satin,

À l’heure du soleil couchant

Sur le dos d’une vieille main.

 

 

 

Tout au long des jours,

Sur l’horizon saigne et perdure

Une viscérale blessure,

Au nom de l’amour.

 

Le lilas est mort.

Tes lendemains ont mis les voiles.

Ta longue nuit est sans étoiles.

Dors mon enfant, dors.

Elle se courbe

Comme un sein de femme,

LA PROM

Qui a du vague à l’âme!

 

Diadème en front de mer,

Elle raconte à son écume,

Une indicible plainte

Gravée sur son bitume.

 

Pour saluer les anges,

LA PROM

Éclabousse d’orange

L’éclat d’un ciel trop bleu,

Cognant sur le silence

L’empreinte des jours heureux.

 

LA PROM

Si blonde dans le matin blanc,

Signe d’un vol de goélands,

Un futur où tremble,

Avec des larmes au bord des yeux

Le désespoir en camaïeu…