Femme au sexe de pain, où se pétrit le genre humain...

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BAIROLS s’arc-boute
Sur un dernier virage
Comme pour implorer
La clémence du ciel.
Dégradé de gris
Qu’emprisonnent
Les accents d’une pierre
Où naufrage du bleu.
Intrépides ruelles
Glissant sur les marches du temps.
Maisons qui se nichent
Attendries
Sur l’impatience des vieux murs.
Vestiges d’un passé
En habits du dimanche
Suspendu
Jusqu’au bord du vertige
Où se perd un nuage.
Village enraciné
Dans un rêve profond
Parmi les ombres
Accrochant au silence
Le bruit des pas.

J’enrage de savoir que dans certains endroits,
Deux êtres qui s’aiment en parfaite innocence,
Puissent se voir bannis, privés de tous leurs droits,
Devenir victimes d’abjecte violence.

Des pays barbares les condamnent à mort,
Punissant la façon de s’aimer autrement.
Même des familles rejettent sans remords,
L’enfant meurtri que ronge un terrible tourment.

Le venin des propos, le crachat des injures,
Les coups accompagnant le mépris sans raison,
Comment les éviter, faire bonne figure,
Et chercher l’arc-en-ciel par delà l’horizon.

Ce regard de l’autre souvent accusateur,
Il faut qu’il disparaisse, car c’est lui l’indécence,
Avide d’étouffer les battements d’un cœur,
Qui ne peut, sans amour, avoir la moindre chance!

Charnelle incandescence érigée de douceur,
Qui cercle le désir d’une présence vive,
Cognant au plus profond le plaisir en dérive,
Pour conjurer du sort l’insolente rigueur.

Sur la vague d’un sein s’enroule la ferveur,
Colorant le parcours de l’heure sensitive,
Quand la lèvre tremblante imagine lascive,
L’étreinte consumée d’une ardente moiteur.

S’affirme le tempo comme la fleur promise,
Que cultive fiévreuse une attente soumise,
Couronnant une chair face à l’appel du sang.

S’estampille à jamais le remous d’une gorge,
Ce cantique plaintif d’un besoin turgescent,
Pour qu’au creuset des reins, le bel amour se forge!

Une larme incertaine

Profile l’avenir

Au jardin de l’hiver.

Ne pars pas mon amour!

 

À la croisée des heures

L’attente ivoirine

Déchire la nuit.

Ne pars pas mon amour!

 

S’étoile clandestine

L’aube que cadence

Un vieux rêve oublié.

Ne pars pas mon amour!

 

Perdure un vertige

Au ciel démaquillé

Pillant un cri d’oiseau.

Ne pars pas mon amour!

 

S’abîme en prière

Une rouge fleur

Sur l’errance des ombres.

Ne pars pas mon amour!

 

La matrice du temps.

Se mutile sauvage

En brûlure de chair.

Ne pars pas mon amour!

 

Tangue perlée de sel

L’écume estampillée

Au plissé de la mer.

Ne pars pas mon amour!

 

Un désir de métal

Vrille sur le silence

Son empreinte de pierre.

Ne pars pas mon amour!

 

 

Tu portes en panache

Ton phallus oriflamme

Prétendu souverain!

Mais tu ne serais rien

Sans le lait de ce sein

Qui t’a donné le jour.

 

Prends garde qu’à son tour

Il ne prenne les armes!

 

La douce chair des femmes

Qu’on tourmente à l’envi,

Qu’on qualifie d’infâme,

C’est pourtant pauvre fou,

Méprisable voyou,

Le meilleur de la vie.

 

M’enivrer à nouveau

De ce parfum de peau qui n’appartient qu’à toi.

 

Quand tremblent mes matins

Pouvoir remplir mes bras de tout ce qui fut nous.

 

River sur ton absence

Un appel viscéral pour exister encore.

 

J’ai besoin qu’à ton souffle

S’imprime chaque mot comme autant de promesses.

 

Il faudrait que tes mains

Me racontent la mer que naufrage la vague.

 

Captive d’un regard

Sur le vide du ciel glisse une ombre géante.

 

Qu’importe l’avenir

Une impossible attente a gommé les saisons.

 

Au creuset de ma chair

Défiant le néant saigne mon mal de toi.

 

 

D’un pas qui ralentit, cheminer vers l’impasse

De cette courte vie qui s’accroche à un fil,

Voir la ride creuser une peau qui se lasse,

Refusant de goûter aux tiédeurs d’un avril.

 

De cette courte vie qui s’accroche à un fil,

Arracher au miroir le reflet qui grimace,

Refusant de goûter aux tiédeurs d’un avril,

Qui gomme peu à peu du rêve les audaces.

 

Arracher au miroir le reflet qui grimace,

Avec des peurs cachées, des gestes en péril,

Qui gomme peu à peu du rêve les audaces,

Et l’appel du destin en quête d’un profil.

 

Avec des peurs cachées, des gestes en péril,

À l’orée d’un hiver rechercher une trace,

Et l’appel du destin en quête d’un profil,

Désolé de n’avoir commis que des préfaces.

 

À l’orée d’un hiver rechercher une trace,

Quand un futur penaud s’éclipse puéril,

Désolé de n’avoir commis que des préfaces,

Pour se cogner craintif sur demain en exil.

 

Quand un futur penaud s’éclipse puéril,

Esclave un court instant des heures trop fugaces,

Pour se cogner craintif sur demain en exil,

D’un pas qui ralentit, cheminer vers l’impasse.

 

Marie LACROIX-PESCE

ARRIÈRE-SAISONS

Ces “ARRIÈRE-SAISONS”, ce sont des parenthèses, des moments qui surgissent au crépuscule d’une vie, avec toute leur charge émotionnelle, scellée sur la musique des mots.POÉSIE aux accents pétris de chair qui, sous des formes diverses, interpelle le temps qui passe, glorifie l’amour, fustige la douleur et dénonce l’absurde. Dans ce parcours, parfois au bord du vertige, vacillent les transparences d’une écriture limpide et picturale, où s’imprime la magie d’un rêve éveillé, intensément féminin.

Édité chez Hugues FACORAT Édition
24 Avenue Charles ROUXEL
77340 PONTAULT COMBAULT

J’ai fait l’amour avec le vent

Qui déboulait sur le rivage

Pour que les rites de l’orage

Cerclent de brume le couchant.

 

J’ai fait l’amour avec la terre

Quand le soleil plissait les yeux

Et s’en allait aventureux

Noyer les cieux de sa lumière.

 

J’ai fait l’amour avec l’oiseau

Qui saluait de ses bruits d’ailes

L’aurore aux douceurs mirabelle

Livrant le jour comme un cadeau.

 

J’ai fait l’amour avec le rêve

Qu’un magicien venu trop tard

Cueillait dans l’eau de mon regard

Quand le soir mourait sur la grève.

 

J’ai fait l’amour avec la mer

À l’heure où sa vague farouche

Creusait la houle qui se couche

Croyant séduire l’univers.

 

J’ai fait l’amour avec les mots

Qui s’attardaient sur ma fenêtre

Pour offrir l’éclat de leurs lettres

Dans des accents à fleur de peau.

 

J’ai fait l’amour avec le temps

En dessinant tous mes voyages

Au cœur d’un beau livre d’images

Malgré la fuite de l’instant.

 

J’ai fait l’amour avec le monde

Quand tu m’as prise dans tes bras

Pour y tisser un canevas

Où le désir mène la ronde.

 

J’ai fait l’amour avec la vie

Apprivoisant une espérance

Qui sur les rives du silence

S’offre au destin sans préavis.

 

J’ai fait l’amour dans le grand lit

De ce futur au goût de cendre

Qui m’emportait dans ses méandres

Vers les frontières de l’oubli.