Femme au sexe de pain, où se pétrit le genre humain...

La nuit était si belle

Et la mer pavoisait.

Au ciel des étincelles

Dessinaient des bouquets.

 

C’est alors qu’un vingt tonnes

Écrasa la gaieté,

Faisant d’une personne

De la chair éclatée!

 

NICE pleure ses morts.

 

La folie meurtrière

L’a frappée en plein cœur!

 

Mais malgré la douleur,

Nous reverrons encor

Resplendir sa lumière…

Par temps clair, la vie se nuance de vert. Par temps gris, elle chavire vert-de-gris.

Elle camoufle son envers, joue à « pas vu, pas pris », et sans en avoir l’air, vous pousse vers la sortie.

Elle s’écrit souvent en prose, tourne des pages perverses ou sages, qui racontent les jours en cage, les matins bleus, les soirs d’orages, la douleur de l’adieu, le retour du printemps, et les rides creusées sur la fuite des ans.

Elle se souvient d’un rire, d’un regard, d’une voix familière, d’un dessert au goût amer, du parfum des choses, de la rosée dans le jardin, d’une main qui se perd, d’un pas dans la poussière, de la dureté des pierres et du vide des cieux.

Avec l’oiseau décoiffant les nuages, à l’heure où l’aurore allume des clartés à l’orée du désir, elle écoute innocente, la plainte d’impossibles pardons qu’imprime le vent par delà l’horizon, sur l’effroi du silence.

Il lui arrive de renverser un verre, pour que boive la terre, qu’un brin d’herbe égaré qui végète  fragile, humble et démuni, reverdisse un instant et se métamorphose, en croyant ébloui, que le  soleil enfin a courtisé la pluie.

Quand tout va de travers, qu’elle se sent meurtrie, qu’un malheur trop précoce s’incurve dans ses bosses, il ne lui reste plus pour respirer encore, que la magie des mots qui signent vers les nues,  l’ultime vérité d’un amour disparu.

Elle ne craint plus l’oubli, sa peur s’évanouit, et hier comme demain, elle se hisse fière, affronte la mêlée, et ose, avec une encre aux tendresses de fruits, sanctifier ses bonheurs et railler l’infamie.

Elle veut s’émouvoir, retrouver le meilleur, être libre et rêver aux couleurs des saisons, à l’odeur des matins, au contact d’une peau et aux chants de naguère.

Et vogue la galère où dérive un refrain, qui ne sait plus très bien de quoi il se souvient, et cherche au bout d’une île un soupçon de lumière, un battement de cœur, ou cet instant furtif demeuré immobile à l’angle du destin.

Quand les heures basculent et s’enroulent lunaires aux vagues de la mer, où naufrage indigo un futur dépassé, un dernier crépuscule flamboie pathétique, érigeant en drapeau au-dessus des mirages, la splendeur du verbe ÊTRE, dans un baiser mythique venu du fond des âges.

Quand demain apprivoise une étoile qui meurt, ne reste d’une vie qu’un simple fait divers, un   nom écrit d’un seul doigt sur le sable, où se noie éperdue, une larme gravée au miroir de l’hiver.

 

 

 

 

 

 

 

Écrire des mots bleus sur les heures amères,

Compter sur ses dix doigts les matins trop frileux,

Oser voir le soleil quand sur la ville il pleut,

Lire tous ces secrets qui façonnent la terre,

Espérer qu’un beau rêve enchantera les cieux.

 

Épingler des couleurs défiant l’heure blême,

Croire qu’une sirène a démonté la mer,

Orgueilleuse madone hissant comme un diadème,

La blancheur d’une voile auréolée d’éclairs,

Exorcisant sa peur dans le chant d’un poème.

 

Éloigner ces malheurs que le vent en courroux,

Colporte avec effroi par delà l’horizon,

Offrir la clef des champs aux désirs les plus fous,

Libres de raconter la magie des saisons,

Exquise mélopée au cœur des rendez-vous.

 

Épouser des ailleurs d’écorce et de velours,

Cachés entre les plis d’un beau livre d’images,

Oublier que parfois s’enlisent des naufrages,

Lorsque la nuit qui tremble aux veillées de l’amour,

Enlace à ses couplets des accents troubadour.