Femme au sexe de pain, où se pétrit le genre humain...

Le vertige étourdi conforte le hasard,
Cloutant sur le futur un matin de poussière,
Coupable sans raison d’éclipser la lumière,
Qu’une larme capture à l’angle d’un regard.

Le rêve évanoui s’invite sans retard,
Pour écouter du vent la plainte familière,
Emportant des secrets défiant la frontière,
Comme pour effacer les rites du départ.

Soulignant de regrets la douleur inutile,
Qui colore de gris l’espérance fragile,
Se déhanche l’amour désormais pénitent.

Éclaboussant d’émoi l’attente clandestine,
Le désir qu’exalte l’empreinte du printemps,
Module les accords de l’heure sibylline.

Module les accords de l’heure sibylline,
La chance qui s’endort en oubliant sa peur,
Ivre de trop d’azur dans un songe qui meurt,
Pour mieux se rassasier d’une nuit opaline.

Qu’importe les accents, la fugue crinoline,
Le souffle qui se perd en perles de douceur
Aux rives de la mer épousant l’enchanteur,
Alors que s’éparpille une ronde enfantine.

Un cri de goéland déchire l’horizon,
Libre de saluer la fin de l’oraison,
Avant que de sombrer dans la langue de brume.

Se maquille d’écaille et d’étranges remous,
La suite des souhaits que chuchote l’écume,
Pour que s’invite fier un dernier rendez-vous.

Pour que s’invite fier un dernier rendez-vous,
Pleure le violon que l’été abandonne
À l’heure où dans les bois s’écarlate l’automne,
Et que tremble l’effroi sur un éclat de roux.

Dérive incontrôlé l’appel des gestes fous,
Sur l’amère chanson qu’un poète fredonne
Croyant voir s’afficher un rire de madone,
Que cisaille d’ennui l’invincible courroux.

S’abreuvent les douleurs de l’ivresse cruelle,
L’écho pâle et furtif d’un matin sans dentelle,
Qui s’exile aussitôt pour ne plus revenir.

Se déchire le voile aux rigueurs de l’écorce,
De la branche en échec qui voudrait dépolir
Cette prison de verre où s’épuise la force.

Cette prison de verre où s’épuise la force,
Se pare de splendeurs et d’intenses reflets,
Imitant ces vitraux qui miroitent muets
Les couleurs d’un présent où l’irréel se torse.

L’espace appesanti d’un tragique divorce,
Refuse les remords, éloigne les rejets,
Redessine l’envers de sauvages bouquets,
Quand l’indomptable erreur, face au destin s’amorce.

Il courait cet enfant tout gorgé de soleil,
Rencontrer les embruns, la nature en éveil,
Et le vent qui savait s’essouffler sous la porte.

Il goûtait des senteurs à l’ombre d’un chemin,
Ignorant que viendrait avec la saison morte
Ce silence absolu de l’univers chagrin.

Ce silence absolu de l’univers chagrin
Offense l’avenir de fièvres innocentes,
Bordant de lourds travers leurs marges indécentes,
Pour que le sel des mots s’imprime malandrin.

Restait cette ferveur avec sa voix d’airain,
Ses rêves imparfaits, son âme évanescente,
Qui soumise forgeait les armes d’une absente,
Le prix acidulé de son charme assassin.

Ne renonce jamais la fertile mémoire,
Fière de sa vertu dont se gave l’histoire,
Cette gueuse maudite écartant son jupon.

Mécréante souvent, la revoici qui danse,
Surprise de n’avoir nulle voix qui répond,
Sur l’oblique du temps confit en pénitence.

Sur l’oblique du temps confit en pénitence,
Vacille une clarté réservant son cadeau,
Au nuage confus délivré d’un fardeau,
Qui s’enfuit au lointain cacher sa repentance.

S’épingle chaque jour l’essor de l’existence,
D’un charnel appétit en brisures de peau,
Étonné de devoir agiter son drapeau,
Et d’offrir malheureux, son étoile en partance.

Un signe disparu dans l’épaisseur du soir
Refuse le poison creusant le désespoir,
Et jette sa fureur dans les cris d’un poème.

Ne survit de l’amour qu’un battement de cœur.
Que sublime une mort inconstante et bohème,
Faisant s’épanouir une dernière fleur.

Faisant s’épanouir une dernière fleur,
Le rosier du jardin se constelle d’épines,
Pour caresser le mur de ses humeurs chagrines,
Quand le sort effronté cultive sa frayeur.

Tandis qu’à l’infini s’échappe une rumeur,
Dénonçant les plaisirs de la vague mutine,
Qu’un couchant radieux de ses rites câline,
S’irise un sillon bleu saupoudré de ferveur.

Dans des transparences s’évade la prière,
Refusant la vigueur d’une aube meurtrière,
Comme pour ralentir l’heure qui s’étourdit.

Une atmosphère sage enveloppe le rêve,
Livrant les liens perdus de cet instant maudit,
Afin de retenir l’espérance qui crève.

Afin de retenir l’espérance qui crève,
S’habille d’un serment le tourbillon des jours,
Empressé d’écarter l’improbable discours,
Venu de l’océan s’abîmant sur la grève.

Pourquoi se consoler, proposer une trêve,
Convaincre l’impossible en ultime recours,
S’enrichir de beauté tout au long du parcours,
Puis laisser s’achever l’aventure trop brève.

Ne jamais oublier qu’il nous faut tous partir,
Alors qu’il reste encor tant de fruits à cueillir,
Et tant de lendemains à soûler de tendresse.

Mêlant au sable fin d’incroyables trésors,
La marche des saisons respectant sa promesse,
Fait tourner à l’envi, la valse des accords.

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